En vérité, cette accusation n’est ni nouvelle, ni originale. Depuis que j’ai commencé à râler, donc, pratiquement, depuis que je suis né (il paraît que j’ai poussé une de ces gueulantes !), j’ai toujours entendu, et je ne suis pas le seul, cette même remarquable remarque impertinemment pertinente : « tu ne vois dans ce pays que le côté noir ». Il faut dire qu’en général, cette accusation me tombait sur la tête d’une manière collective : « VOUS ne voyez dans ce pays que le côté noir ». Au début, naïf comme j’étais - et que je suis toujours - je prenais ça pour un vouvoiement, signe de respect et de déférence envers ma très haute suffisance. Tu parles ! Le « VOUS » signifiait, tout bêtement, qu’on me mettait dans le même paquet que tous les autres vulgaires voyeurs normaux de tout en noir. Maintenant, laissez-moi poser une question, la question qui tue : pourquoi le noir serait-il une MAUVAISE couleur ? D’abord, est-ce que le noir est effectivement une couleur ? Tous les peintres prétendent que non. Le blanc, non plus d’ailleurs. Pourquoi alors, nous reprocher de voir d’une couleur qui n’existe même pas ? Bon, assez rigolé ! Qu’est ce que ça veut dire : « voir le pays toujours en noir » ? Et, s’il vous plaît, arrêtez de nous rabâcher toujours la même et unique litanie mélodieuse et berceuse : « vous ne voyez jamais toutes les autres choses positives… » ! Mais, pourquoi, voulez-vous qu’on passe notre temps à voir « toutes les autres choses positives », puisque, VOUS – je parle de toutes les porte-voix officielles ou pas : presse, radio, télé, y compris, mon cher Jamaâ, 2M que j’aime – vous passez votre temps à nous casser la tête et à nous arracher les tifs avec tous ces trucs prétendument positifs. Pourquoi, voulez-vous, qu’on se mette tous à chanter en chœur « la vie en rose » et qu’on dise amine, alors qu’on voit tous, partout et chaque jour, pas mal de grise mine. Mais, au fait, mon cher Jamaâ, ce n’est pas toi, grand journaliste devant l’éternel, qui vas me reprocher à moi de ne remarquer que les trains en retard et jamais ceux qui arrivent à l’heure ! D’ailleurs, dois-je te faire remarquer que même ceux qui défendent bec (muselé) et ongles (aiguisés) la « rose-attitude » comme, par exemple, nos sympathiques flics verbalisateurs ( et lignes rouges baliseurs), eux-mêmes ne m’arrêtent (presque) jamais quand je m’arrête au feu vert, au stop, ou me ralentissent quand je conduis en-dessous de la vitesse autorisée. Autrement dit, pourquoi ces gens-là - je suis en droit légitime de me le demander - ne m’arrêtent jamais pour me féliciter en tant que bon citoyen respectueux du code la route, c’est à dire, pour mon attitude si « positive? Qu’est ce que tu en penses, hein ? Nos hommes bleus, sont-ils devenus, eux-aussi, « dé zoom en noir », hein ? Pourquoi, tu ne réponds pas ? Tonton, pourquoi tu tousses plus ? Guéri ? Convaincu ? Vaincu ? Bon, ça y est, oublions tout ça. Viens, Jamaâ, si tu n’as pas peur qu’on ne te voit avec moi, je te paye un pot. Qu’est ce que tu dirais d’un petit rosé ?