Papa, repose-toi bien. On t’a perdu, mais toi, tu n’as rien perdu. Ici-bas, rien n’a vraiment changé. Tu as lutté toute ta vie contre l’oppression, contre l’injustice, contre l’inégalité, pour la générosité, pour la solidarité et pour le partage. Tu l’as fait à ta manière, une manière souvent maladroite, souvent inorganisée, toujours passionnée et toujours sincère. Tu l’as fait avec un doux mélange de mysticisme, de déterminisme, d’rrationalité et de pragmatisme, Un peu comme moi. Mais, comme je n'aurais jamais pu te le dire de ton vivant, aujourd’hui, excuse-moi de te le dire pour la première fois d’une manière aussi impudique et crue : ici, c’est toujours le bordel ! Mais, ne t’en fais pas papa. Tu as fait tout ce que tu as pu faire et même plus que ce qu’il ne fallait faire. Tu n’as rien eu. Tu n’as rien obtenu. Ça n’a jamais marché comme tu le voulais. Un peu comme moi. Mais, ce n’est pas grave car tu as fait ce qu'il fallait faire et même plus que ce qu’il ne fallait faire. Pour rien. Pour pas grand chose. Mais si le paradis existe bel et bien, je suis sûr qu’aujourd’hui, tu dois y avoir une superbe place. Alors, profites-en bien papa. Tu as l’éternité pour toi. Tu resteras mon guide éternel. Je t’aime, papa.

Mohamed Laroussi

Lundi 6 novembre 2006