« Dans l’intérêt du dossier »
Par ML, vendredi 16 juillet 2010 à 21:07 :: Le Maroc change ? :: #408 :: rss

Ce n’est pas du tout dans mon intérêt de vous le dire d’emblée, mais je préfère vous prévenir tout de suite que le sujet que je vais traiter aujourd’hui n’est nouveau ni pour moi ni pour vous. Mais, si je l’aborde encore une fois, c’est, vraiment, malgré moi. Non, personne ne m’a forcé, mais je me sens comme obligé de le faire. En fait, je suis un mec un peu tordu. Même un peu trop, comme me le reprochent souvent mes proches. Dès que je vois quelque chose qui ne me plaît pas, ou bien il suffit qu’on me le raconte, et plus rien ne m’arrête ! Si je ne vous le rapporte pas, et vite, c’est-à -dire dans les heures qui suivent, je me sens terriblement mal à l’aise. Or, mon cardio m’a vivement recommandé de ne jamais freiner mes élans, fussent-ils les plus farfelus, car ça risque de me contrarier. Et la contrariété, toujours selon mon cardio, est la pire menace pour mon cœur. Et c’est pour ça que chaque jour que Dieu fait, je me fais fort de vous raconter tout ce qui est susceptible de me contrarier dans le cas où je ne vous le raconterais pas. Justement, ce que je vais vous raconter aujourd’hui, m’a été rapporté par un pote à moi qui ne me raconte jamais d’histoires. Ce pote passe actuellement par une mauvaise passe, et il a pris tout naturellement un avocat – Appelons le « Maître X » - pour s’occuper de ses pépins. Il y a quelques jours, Maître X lui avait pris rendez-vous avec un des fonctionnaires chargés de son affaire, et devait normalement l’accompagner. Retenu quelque part, Maître X n’a pas pu le rejoindre à ce rendez-vous, et mon pote a rencontré tout seul, comme un grand, le fonctionnaire en question. À la fin de l’entrevue, il appelle Maître X pour lui annoncer que tout s’était bien passé. « Et tu lui as donné quelque chose ? », lui a demandé Maître X . « Non, je ne lui rien ai donné », lui a-t-il répondu, tout penaud. « Pourquoi ? ». « Parce que je ne donne jamais rien à personne ». « Pourquoi ? ». « Parce que… c’est une question de principes ». « Mais que viennent faire les principes dans cette histoire ? ». Et c’est là , me confie mon ami, que le couperet est tombé : « Il faut savoir mettre les principes de côté quand c’est… dans l’intérêt du dossier ». Voilà , tout est dit. Et ça, c’est un avocat, un homme de droit, un homme de justice qui le dit. Cette histoire est une histoire vraie, et elle aurait pu m’arriver à moi, comme à n’importe lequel d’entre vous. Personnellement, elle m’a bouleversé, même si, comme je répète souvent pour m’amuser, « je ne suis pas un Suédois », dans le sens que je connais bien la corruption, et j’ai bien peur que les corrompus et les corrupteurs finissent par anéantir ce pays. L’an passé, le Maroc a été classé 80e sur 180 pays selon « l’indice de perception de la corruption ». Pourtant, pour l’ICPC (l’Instance Centrale de la Prévention de la Corruption), aucune plainte n’était recevable en 2009 ! Au fond, je crois que les « nihilistes » ne sont pas ceux qu’on croit. À moins que ce « nihilisme »-là soit, lui, « dans l’intérêt du dossier » !



Commentaires
1. Le samedi 17 juillet 2010 à 10:52, par Habib El Amrani
2. Le samedi 17 juillet 2010 à 11:34, par com 2
3. Le samedi 17 juillet 2010 à 19:25, par yugurta
4. Le dimanche 18 juillet 2010 à 16:31, par habib el amrani
5. Le dimanche 18 juillet 2010 à 18:24, par Yugurta
6. Le mardi 20 juillet 2010 à 15:36, par ML :: site
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